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26 juillet 2009 7 26 /07 /juillet /2009 18:32


La Chapelle Notre-Dame de l’Espérance - Elle va être la reine de cet été, cette petite chapelle du XIXe siècle consacrée à Notre-Dame de l’Espérance. Touchée par la foudre en 2005 au cours d’un violent orage elle avait été quasiment décapitée en perdant la statue de la Vierge qui la couronnait. La statue avait été brisée en plusieurs morceaux. Une nouvelle statue réalisée par des ateliers de Frasne devrait être remise en place dans le courant de l’été. Comme toute la presse en parlera sans doute abondamment, contentons-nous de rappeler que cette chapelle avait été construite en 1861 à l’initiative de Férréol Lallemand (curé de l’église Saint-Bénigne à Pontarlier de 1848 à 1870) pour remercier la Vierge d’avoir entendu les prières des Pontissaliens et d’avoir pu éloigner de Pontarlier une dangereuse épidémie de choléra qui avait déjà durement touché d’autres villes et villages comtois les années précédentes.

Alors, plutôt que de vous parler une nouvelle fois de cette chapelle, je préfère vous inviter à regarder le paysage depuis la petite colline – le mont Molar - sur laquelle est perchée cette chapelle Notre-Dame de l’Espérance. La vue sur l’ensemble de la ville est magnifique et fort intéressante : on y voit le Pontarlier primitif se développer autour de la vieille église Saint-Bénigne ; ce premier habitat est serré, tassé, densifié à l’intérieur des anciens remparts tandis que les extensions plus modernes, aérées, partent à la conquête de tous les espaces libres ; la ville s’est étendue, d’abord sur ses deux faubourgs, puis sur les pentes des Pareuses, au-delà de la gare et enfin sur toute la plaine de l’Arlier. L’église Saint-Bénigne, l’hôpital, le Doubs, tous les bâtiments qui entourent la place Villingen-Schwenningen…, les lacets qui partent à l’assaut du Larmont…, puis, au loin, les villages de Doubs, Houtaud…

Lors de la construction de cette chapelle la découverte de plusieurs objets mérovingiens et carolingiens (épées, fers de lance…) et l’identification de fossés, confirmait la présence d’une fortification à cet endroit. Les historiens locaux attestent sa présence au XIIe siècle : elle aurait été construite, peut-être, par un des sires de Joux pour assurer la protection de Pontarlier. Mais on ne sait rien de précis de cette fortification sans doute détruite avant le XVe siècle lors d’un conflit. Elle pourrait aussi être plus ancienne et dater du Haut-Moyen Age voire de l’Age du Fer ! Sans doute s’agissait-il de fortifications de bois sous forme de palissades élevées sur une butte de terre. Y avait-il des habitations, de quel type, peut-être une sorte de donjon précédé d’une basse-cour d’accueil, qui habitait ici, quels étaient les rangs et les fonctions de ces premiers châtelains, cette première fortification a-t’elle précédé la construction du château de Pontarlier, les deux structures se sont-elles partagé la sécurité de la ville… ? Autant de questions qui resteront sans doute longtemps sans réponse précise mais qui font le lien avec les collections archéologiques protohistoriques, mérovingiennes et carolingiennes du Musée de Pontarlier.

En regardant le paysage qui s’ouvre devant nous depuis cette colline, on comprend très vite l’importance stratégique de l’endroit : d’ici on peut observer tous les mouvements éventuels sur une très grande distance, communiquer avec les villages voisins (par feux par exemple), et donc assurer la protection et la sécurité de la population du petit Pontarlier primitif et éventuellement des villages alentours, en accueillant hommes, femmes, enfants (et peut-être animaux ?) en cas d’alerte.

La chapelle a remplacé l’ancien château ; tous deux veillaient sur Pontarlier, chacun à sa façon. Aujourd’hui, on peut toujours venir chercher ici le réconfort, mais aussi admirer le paysage et apprécier le calme quand montent de la ville les bruits de la vie quotidienne, quand le temps semble s’être arrêté sur ce bout de colline témoin de peurs millénaires, si proches, tellement humaines. Invasions, guerres, épidémies, l’histoire se répète, indéfiniment, inlassablement.

Joël GUIRAUD

 

Lettre des Amis du Musée

http://www.admdp.com/web/presenta/let_ver.htm










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