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La plupart les congrégations datent de la fin du XIII siècle : Elles répondent à une double crise dans l’église catholique romaine :

-      Le développement des hérésies, surtout dans le sud de la France, présentes depuis 1022 à Orléans

-      Le mouvement de contestation né de la richesse jugée excessive du clergé séculier.

Il va se créer dès lors des ordres mendiants, et en particulier les cordeliers par Saint François D’assise et les Jacobins par Saint Dominique en 1216.

Dans la seconde moitié du XIIIème siècle apparaissent les ermites de Saint Augustin, les Carmes, les Guillemites et les Mathurins.

Saint Augustin (354-430) est un des 32 docteurs de l’Eglise : son influence spirituelle est importante. Sa théologie va influencer toute la liturgie catholique de la fin du Ve siècle au XIIIe siècle. Vers 1270 se développe une autre conception de l’église romaine par Saint Thomas d’Acquin. Des conflits apparaissent donc entre la pensée thomiste et la pensée néo-augustinienne, enseignée par Jean Peckam. Les points de désaccord sont les suivants :

-    
La création du monde suivant la Genèse n La nature des anges et des démons
-     La pluralité des formes par la théorie de l’Incarnation (le Père, le Fils et le Saint Esprit)
-     L’illumination divine par la foi, Dieu étant l’être souverain Le caractère fondamental de la charité Saint Augustin, fresque du VIème au Palais du Latran (Vatican)


C’est alors qu’en 1256, des ermites établis à Pontarlier ont souhaité créer une communauté placée sous les ordres de Saint Augustin.

En 1280, Othon IV, comte palatin de Bourgogne et sire de Salins, époux de Mahaut d’Artois acquiert un fonds à Pontarlier en vue d’installer une congrégation religieuse.

Quatre ans plus tard, le lendemain de Saint Jacques et de Saint Christophe, il établit une charte : Elle dispose qu’ils pourront établir sur les bords du Doubs une place pour y « bastir un leu à servir Deu »

Ce ne sera pas sans poser de problèmes : les trois autres églises de Pontarlier (Saint Bénigne, Notre Dame et Saint Etienne) sont réticentes à l’idée d’accueillir une nouvelle congrégation dans leur ville.

Le couvent aura une influence aussi importantes qu’une église.

Un arrangement sera trouvé le 3 juin 1289 : les églises installées craignent que le couvent leur fasse concurrence, concernant les aumônes des fidèles. Les pères augustins ont désormais l’obligation pour obtenir l’agrément du chapitre de Besançon, le paiement d’un cens de soixante sols estevenantes.

1408, Huguenin de Joux fit construire la chapelle des Augustins.

En fait, les Augustins vont comporter trois chapelles, composées chacune d’un autel et d’un retable. Chacune est consacrée :
  • une à la Vierge Marie (actuellement détruite)
  • une au Saint Crucifix (l’actuelle chapelle des Augustins)
  • une à Saint Yves (actuellement détruite)

Du XVième siècle date également le portail gothique, l’actuelle entrée de l’économat. Elle présente une devise « Hom Hora Aetern Deo », d’un cadran solaire, surmonté d’un oeil de bœuf.

La devise à connotation religieuse signifie « L’heure appartient à l’homme et à Dieu l’Eternité ».

La porte était sculptée et composée des blasons suivants :

  • des armoiries des derniers ducs de Bourgogne
  • des 3 écussons de Philippe de Horsberg, comte de Neufchâtel et maréchal de bourgogne sous Charles le Téméraire.

 Le couvent possède un avantage important pour leurs ressources, ils ont été chargés par Marguerite d’Autriche par une lettre patente de 1529 pour tenir les offices religieux au château de Joux. On retrouve cet attachement avec les membres du fort par le désir des différents capitaines châtelain d’établir leur sépulture au couvent : Ainsi, une pierre tombale de 1521 qui se trouve actuellement dans le hall de la mairie de Pontarlier est originaire des Augustins. Elle a été déplacée du jardin du couvent vers 1885 par l’historien et archiviste Jules Mathez. Elle indique : « Cy git . George d’Usie de Vauldrey . Vi . com m . demeurant à Joux y trepassa . le sambe di XX. jour . de juillet . l’an de grace . m . IIIII . XXI prie . Dieu . pour . luy Amen ». 

En 1531, le capitaine du château de Joux, le gentilhomme Denis de Montrichard est enterré au monastère des Augustins.


1576 des confréries s'installent 

 

 «  La confrérie de Saint Yves s’installe en 1576 et regroupe sous les gens de justice de Pontarlier (officiers, procureurs, magistrats).

D’autres confréries s’installeront : ce sont celles consacrées à
  • Saint Michel (1592),
  • Saint Éloy (le 16 septembre 1698),
  • Saint Antoine,
  • Saint Michel et Saint Crépin.

Par leurs dons et leurs legs, une chapelle a pu être construite. Il reste actuellement aux Augustins un superbe tableau relatif à cette période, conservé à l’économat. Cette confrérie est importante, régulièrement elle faisait venir un prédicateur. Si bien qu’en 1613, une lettre patente autorise l’installation des Jésuites à Pontarlier, dans la maison avec la tour à côté de la mairie.

Le mardi 18 janvier 1639 à la tombée de la nuit, lors du siège de Pontarlier par les troupes de Bernard de Saxe Weimar, le faubourg Saint Etienne est incendié. C’est l’épisode connu des « Suédois », ces mercenaires, anciennement sous la solde du Roi de Suède. Le couvent est détruit, comme une partie de son église. Dans une ouverture se trouvait « un grand crucifix de 8 à 10 pieds de haut sur 5 à 6 de large, couvert d’un avant toit de bois pour le protéger des intempéries ». Pourtant, seul le socle éclata sous l’effet de la chaleur, et le crucifix resta miraculeusement intact. Il est devenu depuis cet évènement l’objet d’une dévotion sans précédent. Un miracle lui a été même attribué : en 1653 un prêtre licencié en droit canon informe l’archevêché indique que damoiselle Guichard, alors âgée 69 ans retrouva la vue 5 ans plus tôt et qu’elle a ressenti « un notable soulagement de sa vue » en faisant acte de dévotion devant le fameux crucifix. Pendant de nombreuses années, jusque dans les années 1960, une procession se déroulera autour ce crucifix.


1644 la congrégation est chargée de d’éducation des enfants

 

L’année 1644 est une date importante pour la congrégation, ils sont chargés de l’éducation des enfants.

En 1720, s’élèvent des critiques concernant la qualité de l’enseignement des pères Augustins. Même Olivier de La Marche a fait dans ses chroniques des reproches à ses anciens maîtres. Un mémoire anonyme est rédigé à destination du cardinal de Fleury : Les reproches sont sévères : l’auteur considère que « la jeunesse vit dans une perpétuelle oisiveté » et il juge de même que Pontarlier n’a pas un collège d’importance, comme dans les villes de Besançon ou de Dôle.

Le 30 avril 1732, une chaire de prédicateur est réalisée.


1736 incendie du couvent

 

L’année 1736 marque l’incendie du couvent qui toucha également toute la ville. Une lettre de M. de Beravez, gouverneur de la Franche-Comté à M. d’Angervilliers, secrétaire d’Etat à la guerre, montre, en fait, que « le clocher [est] tombé sur la voûte de l’Eglise »

A cause de cet événement tragique, les pères ont du renoncer à l’enseignement des jeunes et il est confié à un laïc Claude Etienne Roussel, « un homme savant et expérimenté dans l’art d’enseigner les principes de la latinité et toutes les classes jusqu’à la philosophie. 

La révolution française marque la fin des congrégations religieuses : le couvent est fermé le 1er mai 1790. Le couvent sera partiellement démoli et vendu comme bien d’état. Il ne reste alors de 3 pères augustins et un frère convers.

Le 10 août 1792, Jean-François Bécoulet, vice-président du directoire du district de Pontarlier, à l’intérieur de la chapelle procède à une première vente.

Le père Doublat indique à Bécoulet les biens à vendre. Les archives conservées aux Archives départementales du Doubs, montrent l’ampleur et biens vendus aux citoyens : tout le mobilier, mais aussi une imposante bibliothèque.


1790 Abandon des locaux après la révolution

Entre 1790 et 1879, le couvent des Augustins est laissé à l’abandon. Les différents propriétaires qui sont MM Damitio de Besançon et Louis Girod, architecte de Pontarlier ne possède que des parties habitables et non la chapelle et les lieux religieux.

La Distillerie (1879-1915)

1880 les locaux sont transformés en distillerie
Pontarlier était alors la deuxième ville la plus connue de France, derrière Lourdes. C’est une boutade, mais l’activité de l’absinthe occupait une main d’œuvre important et de nombreuses distilleries se sont crées.

La société « Voran et Bazinet » s’installe en juin1880.
Les héritiers Bazinet resteront propriétaires des lieux jusqu’en 1925. Si vous cherchez bien, le bâtiment où se situe actuellement l’économat est façonné pour cette activité. Pour entrer aux bureaux des secrétaires, les escaliers sont étroits et escarpés. De fait, les alambics étaient au rez-de-chaussée et là où se trouvent les bureaux correspondent à un plafond pour permettre à l’alcool de pouvoir en sortir.

 

 
L’Etablissement Scolaire (à partir de 1925)

1926 Création du collège privé
Les Augustins, connus actuellement comme le collège et le lycée privés de Pontarlier sont en fait originaires de Vallorbe. Partis de la ville de Suisse en septembre 1925, les premières visites du nouvel établissement scolaire qui doit accueillir plus de 100 personnes, datent du soir du 1er janvier 1926. Le lendemain, deux « demoiselles du pensionnat » étaient à la gare pour aménager à Pontarlier : neuf wagons complets comprenant tous les biens du pensionnat de Vallorbe. Le 15 janvier 1926, les premiers cours ont pu recommencer, sous la direction de Mlle Marie Aimée Junier, la directrice des Augustins.

Carte postale envoyée en 1930

1940 Les années noires
 
La seconde guerre mondiale arriva rapidement.

Le 17 juin 1940, l’armée allemande arrive à Pontarlier, si bien que une semaine plus tard, le jour de l’armistice, l’établissement est réquisitionné pour héberger 53 soldats.

Le 4 juillet, la municipalité ordonne la réquisition des Augustins pour loger une compagnie, le lendemain les derniers élèves coexistants avec l’occupant sont rapatriés. L’occupation durera 4 ans. Cette longue période incitera quelques élèves à commettre des actes de résistance. A part les savonnettes volées dans les paquetages allemands, Odette Taillard et Christiane Simon arrachent des affiches de propagande allemande. Mlle Jeanne Monnot, la directrice, leur évita la prison en les cantonnant aux Augustins sous surveillance.

Le 17 août 1944, débute la libération de Pontarlier. Les 180 soldats hébergés aux Augustins quittent dés lors le pensionnat.

A la libération, 190 élèves suivent les cours. Parmi eux, on dénombre 80 internes et 100 externes.

 
1944 un établissement scolaire promis à un bel avenir.
Après la guerre, les activités reprennent. Ainsi, de nombreux diplômes sont préparés et avec succès (de nombreuses mentions) : · Le certificat d’étude primaire · Le brevet d’étude supérieure · Le brevet d’enseignement commercial · Le certificat d’études comptables · Quelques baccalauréats en séries modernes

 

L’uniforme des élèves est bleu marine, avec un béret avec l’insigne de l’école (l’hirondelle). Les bas et les gans étaient de rigueur, à l’origine de couleur noire, ils deviennent par la suite de couleur grise. Suivant les saisons et les occasions, des accessoires le complète : · L’hiver avec un manteau · Le dimanche et les jours de cérémonie avec un chapeau · En été, jupe plissée avec chemisier blanc col mari, et un chapeau de paille et des chaussettes blanches.

 

Qui de mieux que les intéressés pour raconter les derniers événements qui sont déroulés dans cette vénérable maison ?

  •       1967 : aménagement de la chapelle en sous-sol de la maison Besançon.
  •      1975 : exhaussement du bâtiment principal
  •      1976 : avec tout un programme pour le cinquantenaire des Augustins, célébration Eucharistique qui réunit autour de Monseigneur Cuminal, de Monsieur le Chanoine Barisien, les prêtres et amis de l’Ecole. Portes Ouvertes en une journée familiale qui réunit les Anciennes autour de sœur Rose de Sainte-Marie. Repas pour terminer la journée en la présence de Monsieur Edgar Faure, Maire de Pontarlier et Monsieur Jean Bécoulet, représentant des parents d’élèves.
  •      1976 : 50 années de présence à Pontarlier : quelques 700 jeunes de la sixième à la terminale et 70 adultes, laïcs et religieuses qui ont pris le relais de ces « Demoiselles de Vallorbe » grâce aussi aux Parents et aux Jeunes qui s’investissent dans la vie de l’établissement.
  •      1980 : création d’un internat de garçons
  •     1982 : construction du bâtiment qui relie le bâtiment principal à la Maison Besançon : salles de classes, atelier, laboratoire de sciences naturelles et salle de sports.
  •      1986 : Aménagement de la maison Besançon : les combles deviennent dortoirs des garçons ; salles de classes et laboratoire de physique en rez-de-chaussée
  •      1987 : mise en place du self-service
  •     1991 : création du CDI
  •     1994 : Aménagement du Parking.
  •     1999 : création d’un nouveau bâtiment destiné à recevoir le nouveau self-service.
  •     

  http://www.les-augustins.org/


 http://www.racinescomtoises.net/Couvent-des-Augustins-de 


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