Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
7 février 2012 2 07 /02 /février /2012 14:49

12 èmes ABSINTHIADES

6 et 7 Octobre 2012

 

Musée Bernard BLIER

Chapelle des Annonciades

 

Animations,  

                  Collections,

                                   Dégustations,

                                               Expositions

 

Repost 0
Published by Pontus - dans Absinthe
commenter cet article
9 avril 2010 5 09 /04 /avril /2010 19:07

DEGAS-Dans-un-cafe--dit-aussi-L-Absinthe.jpg

 

Dans un café, dit aussi L'Absinthe

 

Edgar DEGAS (1834-1917)
Date de création : 1876
Dimensions : Hauteur 92 cm - Largeur 68 cm
Technique et autres indications : Huile sur toile
Lieu de Conservation :
Musée d'Orsay (Paris)

 

 

L'œuvre représente un homme et une femme sur la banquette d'un café, l'air morne, les vêtements usés, le regard triste. Elle, les épaules tombantes, le regard absent, a le visage pâle dû à l'abus d'absinthe. Lui détourne son regard d'elle et a la face ravagée par le vin. Image probable de la bohème parisienne, ces personnages frappent par la solitude extrême qu'ils expriment.
Solitude accentuée par la composition qui est d'une grande audace : les personnages sont placés sur une oblique montante, selon une perspective fuyante, isolés du spectateur par une série de tables se coupant à angle droit. Cette composition est marquée par le japonisme alors en vogue, du fait de l'arrivée massive d'estampes japonaises en Europe. Degas s'en inspire dans sa construction de l'espace pour accentuer l'étude psychologique des personnages ainsi que l'impression d'instantané donnant au spectateur le sentiment de voler un moment d'intimité aux deux buveurs.
Sur les tables, quelques objets épars dont un verre d'absinthe, liqueur à 72 °, à base d'absinthe, plante neurotoxique et aromatisée avec de la menthe et de l'anis. Cet alcool apparu au XVIIIe siècle est d'abord consommé dans les milieux ouvriers avant de gagner l'ensemble de la population sous le Second Empire. Il fut interdit en 1915, à cause de l'accoutumance et des crises d'épilepsie qu'il provoquait chez les grands consommateurs.

 

Auteur : Nadine FATTOUH-MALVAUD

http://www.histoire-image.org/site/oeuvre/analyse.php?liste_analyse=14

 

Bibliographie :

Marie-Claude DELAHAYE, L'Absinthe, histoire de la Fée verte, Paris, Berger-Levrault, coll. « Arts et traditions populaires », 1983

Collectif, Cat.expo., Degas, Grand Palais, 1988

 

Repost 0
Published by Pontus - dans Absinthe
commenter cet article
27 mars 2010 6 27 /03 /mars /2010 19:09

Une nouvelle absinthe nous arrive bientôt : c'est ce que dévoile la petite video de Vert d'Absinthe, qui nous apprend plusieurs choses :

- Le nom de l'absinthe : Perroquet (certainement en rapport avec l'expression "Etrangler un perroquet" = boire un verre d'absinthe)
- Elle fait partie de la gamme "Les Parisiennes" (Belle Amie, Coquette, Enjôleuse, Désirée)
- Elle est déclinée en deux format dont une jolie petite bouteille ronde de 20 cl
- Elle est fabriquée chez Emile Pernot à Pontarlier (un retour aux sources depuis la Belle Amie)
- Elle est d'un très joli vert qui trouble bien en arabesques
- Sa date de sortie : Avril

Ce sont pour l'instant les seules informations disponibles mais l'absinthe semble extrèmement prometteuse et ceux qui ont déjà eu la primeur de la découvrir semblent très optimistes.

A voir aussi sur l'espace
Vimeo de Vert d'Absinthe
.

Repost 0
Published by Pontus - dans Absinthe
commenter cet article
22 février 2010 1 22 /02 /février /2010 10:18

           L'histoire de l'absinthe, c'est une partie de l'histoire de Pontarlier au XIXème siècle, de son histoire économique, quotidienne, politique.

La Fée verte, la Bleue, l'alcool qui rend fou, l'ascenseur pour des Paradis artificiels, le Poison, jamais un alcool n'a soulevé autant de passions et de controverses.  

Absinthe-verres-1

Cet article n’a pas pour objet de traiter toute l’histoire de l’absinthe mais de décrire ce qui  rattache cette histoire à  la ville de Pontarlier.

Cet apéritif, si couru au début du XXe siècle, a fait l’objet de plusieurs ouvrages ; un certain nombre de sites Internet et de blogs lui sont également consacré.

Mon article reprend, pour partie, certains  de ces écrits.

Tout d’abord je citerai :

 "L'absinthe, histoire de la fée verte. éditions Berger-Levrault, Paris 1983". Le premier livre de  Marie Claude DELAYE qui a fait reparler d'absinthe pour la première fois.
Marie-Claude Delahaye
auteur de plusieurs ouvrages sur l’absinthe, ouvrages que l’on peut trouver au  "Musée de l'Absinthe" à Auvers sur Oise (95)

Ce musée a été fondé par Marie-Claude Delahaye, historienne de l'absinthe française, ce musée est le premier entièrement dédié à l'histoire et la légende de la Fée Verte, et affiche un trésor sans pareil : affiches, documents historique et accessoires liés à l'absinthe.

Une visite s'impose ! 44 rue Callé - 95430 Auvers-sur-Oise - Tel/fax : 01 30 36 83 26

http://www.musee-absinthe.com/

Certains sites, indiqués ci dessous, sont inspirés des travaux  de Marie-Claude Delahaye.

 

barre2Je citerai également Benoît Noël auteur de livres sur l’absinthe.

Bien entendu visitez le musée de Pontarlier qui consacre une partie de ses salles à l’absinthe :  affiches, objets, photos, des reconstitutions…

 

Autres sites à consulter sur l’absinthe :

www.admdp.com/

http://www.museeabsinthe.com/

http://www.heureverte.com/

http://www.pontarlier-anis.com/fr/#

http://www.racinescomtoises.net/spip.php?page=recherche&recherche=absinthe

http://www.cancoillotte.net/spip.php?page=recherche&recherche=absinthe

et j’en oublie certainement …vous m’en excuserez.

charles-maire
 

L'Absinthe - la Plante
par
Bernard Girard

Artemisia Absinthium
          L’Absinthe, plante herbacée vivace, est une variété d’armoise de la famille des Composées. Elle pousse sur les terrains secs et rocailleux, jusqu’à une altitude de 1.500 m. Elle peut facilement être cultivée dans un terrain sec et pauvre de préférence calcaire et riche en azote. Il existe deux variétés d’absinthe :

La grande absinthe ou absinthe officinale (Artemisia absinthium) : Sa tige est vert argenté, elle peut mesurer de 50 cm à plus de1 m. Ses feuilles, très découpées, sont d’un gris verdâtre dessus, blanches et laineuses dessous. Ses fleurs jaunes au parfum puissant apparaissent de juillet à septembre. Elles sont groupées en petits capitules globuleux réunis en grappes. Sa saveur est très amère. Depuis l’antiquité, l’absinthe a été considérée comme une plante ayant les vertus thérapeutiques précieuses. Les Romains l’employaient avec l’anis sous forme d’infusion dans le vin. Ce vin d’absinthe était utilisé pour soulager angines, inflammations, rages de dents. Sous forme de tisane elle aidait à l’accouchement, elle régularisait les règles. On lui reconnaissait les capacités de stimuler l’appétit et de favoriser la digestion. Elle était aussi utilisée comme vermifuge. Elle favorisait la formation des globules blancs et rouges du sang. Jusqu’au XVIII e siècle, elle fut considérée comme une panacée. Mais la grande absinthe a aussi des effets secondaires du fait sa teneur en thuyone qui peut provoquer des convulsions.

 

          La petite absinthe ou absinthe pontique (Artemisia Pontica) : elle a des feuilles petites et très divisées, cotonneuses en dessous. Elle pousse en touffes, elle est beaucoup moins haute. Son odeur et sa saveur sont beaucoup moins fortes que celles de la grande absinthe. La petite absinthe est surtout utilisée pour la coloration de la liqueur.

A la fin du XIXe siècle, dans le département du Doubs, la culture de la grande absinthe couvre 230 hectares et la culture de la petite couvre 50 hectares. On les cultivait aussi dans le Jura et en Haute-Saône.

 http://www.racinescomtoises.net/L-absinthe-Historique

          Aujourd’hui suivant les régions où l’on a recommencé à produire de l’absinthe les recettes varient quelque peu, certains comme la distillerie Guy à Pontarlier gardent jalousement leur recette et leur méthode de distillation.


L'absinthe - la Fabrication

par Bernard Girard


alambics GUY          L’absinthe est un spiritueux composé d’alcool, de plantes et de semences aromatiques. Les plantes les plus généralement employées sont : la grande et la petite absinthe qui sont mises à sécher dans des greniers puis effeuillées, l’hysope, la menthe, la mélisse, la marjolaine, l’anis vert, le fenouil, la badiane, les semences d’angélique, la coriandre …cela dépend des distilleries. L’absinthe peut titrer de 45° à 75° d’alcool ce qui était le cas à sa grande époque.

 

Voici la recette de l’absinthe de Pontarlier publiée en 1899 : on fait macérer dans un bain-marie 2,5 kg de grande absinthe sèche et hachée, 5 kg d’anis vert  pilé, 5kg de fenouil dans 95 litres d’alcool à 85° neutre et de goût et d’odeur pendant une demi-journée, et ensuite on distille très lentement. Pour obtenir la coloration verte et renforcer le parfum il faut hacher et piler 1 kg de petite absinthe, 0,5 kg de mélisse sèche et 1 kg d’hysope fleurie et séchée que l’on ajoute au produit obtenu à la suite de la distillation et que l’on place au bain-marie, ou dans un appareil appelé colorateur en cuivre chauffé par une circulation d’eau chaude ou de vapeur, afin que les plantes libèrent leur parfum et leur chlorophylle. Ensuite on filtre dans un tamis de crin et on rectifie avec de l’eau pour obtenir une absinthe à 74° que l’on laisse vieillir en fût.

    http://www.racinescomtoises.net/L-absinthe-Historique

  

De la plante médicinale à l'apéritif tant décrié

http://www.heureverte.com/component/option,com_frontpage/Itemid,1/   L.-S. Rodriguez

Merci au travail extraordinaire de Marie-Claude Delahaye sur lequel nous nous sommes appuyés pour rédiger cet article.


absinthe plante          Son usage médicamenteux aurait pu continuer longtemps si un beau jour, une rencontre étrange ne s'était pas faite en Suisse à la fin du XVIIIe siècle. En effet, c'est à Couvet qu'un certain major Daniel Henri Dubied (*15-11-1758 +22-04-1841), courtier en dentelles, rencontre une vieille rebouteuse, la mère Henriod. Il lui rachète la formule d'un élixir de santé, vraisemblablement de sa composition, qu'elle vend habituellement aux colporteurs ! Fort de son achat, le major Dubied qui a du remarquer que le médicament n'était pas toujours consommé uniquement pour se soigner, met à profit le remède pour en faire une boisson.

Absinthe Dubied Père et Fils etiquette 2

 

          Ignorant tout du métier de la distillation, il s’adjoint les compétences de Henri-Louis Perrenod (1776-1851) fils d’Abram-Louis Perrenoud dont le nom se transformera en Perrenod. Il ouvre une distillerie : la maison « Dubied Père & Fils » en 1798.

          La boisson rencontrant un certain succès, Henri-Louis Pernod monte rapidement sa propre distillerie dans une maison minuscule à Couvet. Pour s'ouvrir au marché français très demandeur, et surtout pour éviter les droits de douane Henri-Louis Pernod fonde une seconde distillerie d’absinthe à Pontarlier :  la maison « Pernod Fils » (1805) qui devient la toute première distillerie française. Il laissera à tout jamais son nom associé à celui de l'absinthe.

 

Les champs de grande et de petite absinthe s'étendaient tout autour de la ville. Traditionnellement, les femmes coupaient la plante à la serpe et les hommes la mettaient en sacs qu'ils chargeaient sur des charrettes.

 

Dans la région, on commence à consommer l’absinthe pour des raisons qui ne sont pas uniquement médicales. L’absinthe reste une boisson régionale jusqu’à la conquête de l’Algérie en 1830.

 Les soldats et les colons consomment beaucoup d’absinthe pour se protéger et lutter contre la dysenterie. A leur retour en France ils font découvrir « la fée verte » dans toutes les régions.

D’abord réservée à la bourgeoisie en raison de son prix, elle se démocratise très vite et gagne tous les milieux sociaux. Les affiches fleurissent partout, les artistes et les poètes en font leur muse. L’absinthe devient un art de vivre avec son cérémonial.

          Les distilleries se multiplient à Pontarlier, Fougerolles, Paris, Bordeaux, Marseille Lyon  … Des milliers de personnes y travaillent, des régions se couvrent de culture d’absinthe. 

L'Absinthe, une entreprise florissante

          La période de 1880 à 1914, marque une explosion de la production et une chute drastique des prix. La production française passe de 700.000 litres en 1874 à 36.000.000 de litres en 1910. Le prix d'un verre d'absinthe est alors moins cher qu'un verre de vin.

          Les cafés et les cabarets ont toujours été des lieux de convivialité et d'intégration sociale à une époque où les logis surpeuplés ne permettaient pas de grandes réunions festives. Les loisirs étant financièrement inabordables pour les classes laborieuses, les ouvriers et les employés se retrouvaient donc facilement avec leurs camarades à la fin de la journée de travail dans ces cafés et cabarets. Des embauches, des affaires matrimoniales ou commerciales s'y réglaient autour d'un verre, notamment lors des jours de foires et marchés. Mais il s'agissait aussi des lieux de forte alcoolisation dont était principalement victime la tranche la plus pauvre de la population. En 1868, une enquête est diligentée à la demande du ministre de l'intérieur sur le développement de l'ivrognerie en France. Elle permet de dresser le tableau suivant dans le département du Finistère :  « Il y a dans le département 5806 débits de boissons, c'est à dire un pour 114 habitants [....]. Ils débitent 27 000 hectolitres d'alcool. [...] Pas une commune n'est exempte de ce fléau. Un homme sobre est une exception. Dans les classes élevées, on s'inquiète. Les propriétaires surtout qui voient leurs champs délaissés pour le cabaret ».
          Longtemps lieu proscrit par les autorités religieuses sous l'Ancien Régime, très contrôlé par la police au XIXème siècle, le cabaret est aussi un espace de transgression, d'agitation politique et syndicale où se diffuse parfois des écrits subversifs.


          L'absinthe à Pontarlier, c'était plus d’une vingtaine de distilleries, plus de trois mille personnes travaillant à son service et dix millions de litres d'absinthe livrés au monde entier, colportant ainsi aux quatre coins du globe le nom de cette petite ville française.
          C'est, au début du siècle, 111 bistrots, cafés et bois-debout pour une population de quelques huit milles âmes et surtout pour les dix mille artilleurs qui viennent régulièrement faire des exercices de tir aux alentours de Pontarlier. D’ailleurs, à l’automne, même les artilleurs du Camp des Pareuses viennent prêter main-forte à la cueillette des champs. Ils ne sont pas les derniers à priser ce nectar.

 



          Toutes les absinthes de haute qualité étaient distillées, coloriées à base de plantes, et pour les meilleures marques, faites à base d'alcool de raisin. Elles étaient vieillies dans des grands fûts en chêne pendant au moins six mois, et parfois pendant plusieurs années.

          Depuis 1872, l’absinthe s’est fortement développée et subit des impôts et surtaxes élevés, jusqu’en 1906. En 1895, l’absinthe est taxée d’une surtaxe de 70 francs par rapport aux autres alcools, dont le niveau est entre 30 et 40 francs. En 1906, une nouvelle loi impose tous les apéritifs. 
          À cause du coût de l'immobilisation du capital lié à ces stocks, certains fabriquant expérimentèrent diverses méthodes de vieillissement accéléré, entre autre par forçage d'oxygène à haute pression à travers l'absinthe. Les marques bon marché étaient faites d'essences mélangées dans de l'alcool de betterave ou de grain et étaient coloriées artificiellement.

 

Absinthe La Pontissalienne étiquette 2

           « les grappes figurant sur les étiquettes des absinthes suisses ou franc comtoises en attestent : les absinthes de qualité étaient faites avec des alcools de raisin. Le plus réputé de ces alcools bon goût était alors « l’Esprit de Montpellier » qui s’oppose à l’alcool extrait du bois, lequel contenant du méthanol peut rendre éthylique et même aveugle. L’Esprit de Montpellier n’entrait certes pas dans la composition des « caillées » vendues à vil prix aux « déclassés » de la zone. Non seulement ces « absinthes bâton » généralement maison, étaient faites à froid par addition d’essence dans des alcools de pomme de terre, de betterave ou de bois souvent mal rectifiés, mais, de surcroît, elles étaient susceptibles d’être colorées avec des sulfates de zinc ou de cuivre. »

 extrait du livre  L’absinthe : une fée franco-suisse par Benoît Noël édition cabedita

          Il n'y avait pas d'appellations contrôlées standardisées, mais généralement, l'appellation la plus prestigieuse était :

ü      celle d'absinthe suisse, ce qui faisait référence à la qualité (et la méthode), pas à l'origine du produit.

ü      Puis venait l'absinthe supérieure, l'absinthe fine, demi-fine, puis enfin l'absinthe ordinaire.


absinthe FINE
absinthe etiquette-6

 

          Une absinthe suisse contenait entre 65 et 72% d'alcool, une absinthe fine environ 55%, et une absinthe ordinaire ne contenait que 45% d'alcool.

Extraits de :   http://www.racinescomtoises.net/L-absinthe-Historique



Interdiction de l'Absinthe
Absinthe timbre Rend Fou vert
          La légende dit que l'absinthe rendait fou et aveugle. Elle dit aussi qu'elle rendait tuberculeux et criminel, c'est dire sa pertinence. Cette réputation vient des ligues de moralité qui ont pris l'absinthe comme bouc émissaire dans leur lutte contre l'alcoolisme (énorme à la fin du XIXème siècle et inimaginable de nos jours), le vin n'ayant bizarrement jamais fait parti de leurs cibles !
  

            La consommation d'absinthe déjà très en vogue au XIXème siècle dépassait celle du vin.

          L'industrie du vin était en crise à cause de l'oïdium (une sorte de moisissure due à un champignon), arrivé en 1854, et de la phylloxera, arrivée en 1861 (une infestation par un petit insecte mangeant les racines des vignes, fatale pour ces dernières). Le vignoble français dut être replanté quasiment dans sa totalité, un processus qui prit des dizaines d'années et résulta en une pénurie de vin qui fit monter son prix.

 

          Les syndicats viticoles ont milité des années contre l'absinthe, organisant même en 1907 avec les ligues de moralité une manifestation au cri de "Tous pour le vin et contre l'absinthe !". Si leurs vignes avaient souffert du Phylloxera et que la consommation de vin était en baisse, leur lobby était puissant et leur intérêt rejoignait celui des ligues de moralité.

          Alors que la guerre de 1914 vient d'être déclarée, le gouvernement préfère interdire l'absinthe et les liqueurs similaires. En interdisant l'absinthe, il a plusieurs objectifs : freiner l'alcoolisme alors qu'il va avoir besoin de troupes, se débarrasser de la contrebande et relancer la consommation de vin.

          La "gnôle " distribuée aux poilus allant au front, l'union sacrée autour du pinard avec l'apologie du gros rouge font augmenter la consommation d'alcool et spécialement de vin.

          En 1920, les associations anti-alcooliques ne sont plus considérées par l'Etat français et ne reçoivent plus aucun soutien financier.

Interdiction de l'absinthe

L'absinthe fut finalement interdite absinthe affiche interdiction 1915

en Belgique en 1905,

au Brésil en 1906,

en Hollande 1908,

en Suisse en 1910,

En Suisse dans le Val de Travers, berceau de l'absinthe, la fabrication n'a jamais vraiment cessé malgré l'interdiction. Des distilleries clandestines ont continué à fonctionner en dépit de descentes de police régulières.

aux États-Unis en 1912

au Canada en 1912

en Italie en 1913,

Et finalement en France le 16 Mars 1915 - occupée à autre chose et en état de choc après les premières défaites de la Grande Guerre.

          La fabrication, la vente en gros et au détail, la circulation de l’absinthe et des liqueurs similaires, sont interdites.

          Finalement, cet élixir magique, qui avait si longtemps captivé, enchanté et inspiré toute une nation, sombra sans fracas dans l'indifférence générale.

         Cette interdiction de l'absinthe fut pourtant un coup très dur pour l'économie pontissalienne et pour l'arrondissement tout entier, même si, en 1915, bon nombre d'industries s'étaient reconverties en industries de guerre.

          Pontarlier était alors la deuxième ville la plus connue de France, derrière Lourdes. C’est une boutade, mais l’activité de l’absinthe occupait une main d’œuvre importante.

          Pontarlier pleura la disparue.

Pontarlier cortège enterrement absinthe-1

Henri Genévrier,

Le cortège funéraire de la Fée verte, clôturé par une procession des tristes citoyens de Pontarlier,

Huile sur toile. Collection Musée municipal d’Art & d’Histoire de Pontarlier


          La première exposition en hommage à la Fée verte date de 1944. Elle fut organisée à la Chapelle des Annonciades à Pontarlier et un cortège funéraire a même été organisé dans la rue principale de la ville
cover1


          Et on ne peut s'empêcher de souligner ces curieuses incohérences qui font l'histoire : on bannissait l'absinthe sous prétexte qu'elle tuait le genre humain, alors qu'au même moment des dizaines de milliers d'individus se faisaient hacher les boyaux dans des conditions horribles !

http://www.admdp.com/web/absinthe/f_ponabs.htm

tran14
photo tranch 3

          Contre le parapet, des échelles ont été dressées autour desquelles les hommes s'agglutinent en se serrant les uns contre les autres par petits paquets compacts…L’attente est terriblement longue. Beaucoup sont déjà sous l'effet de la gnôle distribuée et ingurgitée à la hâte.

http://marcus-retais.blogspot.com/2009/11/en-plein-cauchemar.html

cover1

          Au mépris de toutes les assurances données, aucune indemnité ne fut accordée aux fabricants. Des quatre projets de loi déposés à ce sujet au Parlement, aucun n’a abouti. (…) L’état mit un an pour payer aux cultivateurs les plantes d’absinthe qu’ils possédaient mais celles détenues par les fabricants ne leur furent jamais remboursées : un million de kilogrammes de plantes fut détruit sans compensation). D’autre part, les stocks de liquide furent réquisitionnés pour la fabrication des poudres : trois millions de litres d’absinthe furent ainsi livrés à l’administration, pour le prix dérisoire de 48 centimes le litre… http://www.heureverte.com

          L’indemnisation de toutes les catégories professionnelles liées à l’absinthe n’est toujours pas réglée en 1924. Cette question revient de façon récurrente à la chambre des députés. Elle ne sera jamais solutionnée.
fleur42jl4

          Avant de désigner le pastis comme le petit frère de l'Absinthe, il ne faut pas oublier le goût prononcé des français pour les anisettes. On peut nommer la " Marie Brizard " fabriqué depuis 1755 à Bordeaux. C'est pourquoi après l'Absinthe on ne parla plus que de liqueur d'anis. Ces liqueurs titreront de 30° en 1920 pour arriver à 40° en 1922. Toutefois la ressemblance n'est que visuelle car ces anisettes ont un titre moins élevé d'alcool, sont sucrée et le fruit d'une simple macération d'anis vert et de réglisse.

          Après l'interdiction, certaines distilleries disparaissent, d'autres sommeillent jusqu'en 1921, année où la distillation de l'anis fut autorisée. C'est à cette date que le "PONTARLIER-ANIS" de Georges Guy a vu le jour, et nous précisons que c'est le seul apéritif à base d'anis vert distillé. Puis il est suivi par Emile Pernot III en 1925 avec le Vieux Pontarlier et enfin Henri Deniset, 1930 avec son Pontarlier. En 1932, Paul Ricard invente le Pastis qui est le premier anisé à connaître un succès presque équivalent à celui de l'absinthe.

L'Absinthe aujourd'hui

              En 1988, un décret européen autorise et réglemente la présence de thuyone (huile essentielle de la grande et de la petite absinthe) dans les boissons et l'alimentation, ce qui permet techniquement de produire à nouveau de l'absinthe en Europe.

          En 1999, la première absinthe française depuis 1915 est produite : la Versinthe verte, qui contient de la grande absinthe. Son apparition et son étiquetage (absinthe) met en évidence un hiatus entre le décret européen de 1988 et l'interdiction de l'absinthe en France de 1915 toujours en vigueur. Plutôt que d'abolir cette loi, le gouvernement pare au plus pressé en votant un aménagement du décret européen et en attribuant une nouvelle appellation légale à l'absinthe : "spiritueux aromatisé à la plante d'absinthe" et en complétant la réglementation européenne d'un taux de fenchone et de pino-camphone à ne pas dépasser.

          Et oui, comme on pouvait le penser, ce que l'on peut acheter en France, ça a le goût de l'absinthe, l'odeur de l'absinthe, la couleur de l'absinthe, la composition de l'absinthe, mais ce n'est pas de l'absinthe! D'où les nombreux "spiritueux aux extraits de plantes d'absinthe", "Abisinthe" et autres "Absentes".

          Quelle différence entre l'absinthe et une "boisson spiritueuse ou spiritueux aromatisé à la plante d'absinthe" ? Aucune puisque la majorité des recettes utilisées de nos jours (en France) sont celles du XIX e siècle et que la majeur partie des recettes historiques sont dans la réglementation sans avoir besoin de les modifier.

Absinthe François Guy étiquette-1

2001 retour des élixirs et amers aux plantes d'Absinthe à Pontarlier distillerie GUY.

Avril 2001 : plantation de 55000 pieds d’absinthe. La nouvelle culture est récoltée fin septembre, séchée durant le mois d’octobre. Les premiers litres sont mis à la vente le 15 décembre 2001.

A ce jour, il existe plus d'une centaine de spiritueux à base d'Absinthe sur le marché européen.

absinthe presentoir



Fête de l'absinthe à Pontarlier – les absinthiades

          Cette manifestation, organisée par "Les Amis du Musée de Pontarlier" souhaite mettre l'absinthe en valeur et rendre à Pontarlier son titre de capitale mondiale de l'absinthe.

          Cette manifestation organisée tous les ans depuis 2001, permet à tous les absintheurs, qu’ils soient amateurs, professionnels ou passionnés, de se retrouver le temps d’un week-end (le premier week-end  d’octobre) pour échanger sur l’absinthe.

          Au programme, on retrouve un concours de dégustation, ainsi que de nombreux stands de    collectionneurs, de produits locaux et d’attractions autour de l’absinthe. Pour l’occasion, les musées et distilleries de Pontarlier ouvrent bien évidemment leurs portes.

          De leur côté les professionnels (producteurs du monde entier) se donnent rendez-vous pour un concours de plus en plus reconnus dans la profession. Les lauréats qu’ils soient français, britanniques, suisses ou allemands, n’hésitant pas à signaler les prix obtenus à Pontarlier sur les étiquettes de leurs produits.




           


Repost 0
Published by Pontus - dans Absinthe
commenter cet article
18 février 2010 4 18 /02 /février /2010 16:01

Le 1er mars 2010

Lancement de

la Route de l'Absinthe Franco-Suisse !

Pontarlier-route-de-l-absinthe-copie-1.jpg



Pourquoi une route de l'absinthe franco-suisse ?


L'Absinthe est une variété d'armoise. C'est une plante vivace, fortement aromatique qui pousse dans toute l'Europe jusqu'à une altitude de 2000 mètres, mais il est établi que les plantes du Jura franco-suisse dégagent des senteurs incomparables et bien supérieures à celles d'autres régions. Ses vertus médicinales et thérapeutiques liées aux problèmes digestifs sont reconnus dès l'antiquité.

A la fin du XVIIIe siècle, en Suisse, dans le Val-de-Travers, l'absinthe, mélangée avec d'autres plantes telles que l'hysope, la mélisse, l'anis vert et le fenouil, devient une boisson macérée, ou distillée. Puis, confrontés à un problème de forte taxation douanière à l'exportation, les distillateurs suisses décident de s'installer à Pontarlier, capitale voisine du Haut-Doubs, située à 837 mètres d'altitude. Les débuts sont difficiles, et ce n'est qu'à partir de 1830 que la consommation d'absinthe va réellement augmenter grâce à l'appui, involontaire, des troupes coloniales françaises ; ces soldats utilisent en effet l'absinthe pour purifier l'eau. De retour en France, victorieux, ils vont d'une part importer leurs habitudes de consommation, donc déguster leur absinthe dans les cafés des grands boulevards parisiens et les bistrots des villes de garnison, et, d'autre part, devenir des héros que l'ensemble du public aura plaisir à imiter. L'absinthe s'invite dès lors à toutes les tables à l'heure de l'apéritif.

Le pic de consommation se situe vers 1900 avec, à Pontarlier, 25 distilleries, 111 bistrots, cafés et bois-debout et quelques 15 millions de litres produits dont 7 uniquement par la Distillerie Pernod. L'heure verte sonne aussi dans les milieux artistiques et
littéraires, les Rimbaud, Verlaine, Toulouse Lautrec, Van Gogh, Jarry et bien d'autres encore pensant parfois trouver l'inspiration au fond des verres d'absinthe. C'est l'époque des cabarets, le Moulin Rouge, le Chat Noir, le Mirliton d'Aristide Bruand, c'est l'âge d'or du french-cancan, le règne de la Goulue, de Jane Avril, Yvette Guilbert, Lucien Guitry...toute une époque !

Malheureusement, la dérive de consommation plus communément appelée l'absinthisme, la virulence des ligues anti-alcoolique, le corps scientifique, le lobby viticole et le monde politique auront raison de l'absinthe à l'occasion de la première guerre mondiale. Le 17 mars 1915, la loi interdisant la fabrication et la consommation est votée à l'unanimité par le parlement français. Ce sera un peu plus tôt en Suisse, le 7 octobre 1910, après un vote du peuple.

Ce fut la fin de la consommation mais bel et bien le début du mythe de la boisson interdite et… du trafic clandestin. Après l'interdiction, le Val-de-Travers continua de produire une absinthe clandestine, que des distillateurs, nommés bientôt résistants, vendaient un peu partout en Suisse…et ailleurs. Cette production, qui faisait la joie des amateurs et des médias, dura jusqu'en 2005, qui vit la libéralisation de la Fée verte en Suisse. Appelée lait de vache, lait de tigre, l'absinthe tenait toujours une table discrète dans l'arrière salle des bistrots mais entrait dans l'histoire officielle avec les musées, à Môtiers d'abord, puis à Pontarlier et à Auvers-sur-Oise et tandis que, depuis 1983, les ouvrages traitant de l'absinthe se multipliaient sous la plume de spécialistes et collectionneurs comme Marie-Claude Delahaye, Benoît Noël et Pierre-André Delachaux.

En 1997, le Comité des Fêtes du village de Boveresse, sous la houlette de Nicolas Giger et Eric-André Klauser, organise la 1ère fête de l'absinthe en Suisse.

Toujours dans les têtes, mais plus rarement dans les verres, la réapparition de l'absinthe s'effectue en France grâce à l'Union Européenne, avec une directive de 1988 qui en autorise la fabrication à condition de limiter son taux de thuyone à 35 milligramme par litre. Pour information, la thuyone est une molécule contenue dans la plante d'absinthe qui, à haute dose, attaque le système nerveux. La même année, cette directive est transposée par un décret du gouvernement de Michel Rocard autorisant la fabrication mais sous l'appellation apéritifs à base de plantes d'absinthe ou spiritueux à base de plantes d'absinthe, évitant ainsi l'abrogation de la loi de 1915.

A la lueur de ce cadre législatif, de nombreux nouveaux produits vont apparaître sur le marché dont, à la fin de l'année 2001, celui de François Guy, distillateur pontissalien (produit titrant 45°).

Cette même année 2001, l'Association les Amis du Musée de Pontarlier décide d'organiser une manifestation annuelle se déroulant le 1er week-end d'octobre intitulée les Absinthiades. Cette manifestation à vocation culturelle, pédagogique et informative, a pour objectif de replacer Pontarlier à sa place de capitale économique mondiale de l'absinthe, place qu'elle a occupée de 1805 à 1915. C'est au même moment que sont créés des chocolats, des gâteaux et des parfums à base d'absinthe.

En 2004, la Ville de Pontarlier lance, à son tour, la fête de l'absinthe, manifestation à vocation touristique qui se déroule le dernier week-end de juillet.
Le 1er mars 2005, la Suisse abroge la loi d'interdiction de 1910 ; une interprofession regroupant seize distillateurs et un cultivateur voit alors le jour.

En 2006, Thomas Cantagrill, jeune étudiant stagiaire, rédige un cahier des charges servant de base à la création d'une route de l'absinthe franco-suisse entre Pontarlier et le Val-de-Travers.

Mi 2008 : sous l'égide de Philippe Chapon, président des Amis du Musée de Pontarlier, et de Nicolas Giger, l'Association Pays de l'Absinthe est née.

2009, voit le lancement administratif d'une route de l'absinthe, projet culturel et touristique, financé par l'Union Européenne, les collectivités locales, prévoyant une signalétique routière et patrimoniale, des outils de communication et de promotion (brochure, site web, produits dérivés…), ce qui confirme, s'il était besoin le caractère transfrontalier de l'absinthe.


http://www.admdp.com/web/index_f.htm


Les amis du musée de Pontarlier
Repost 0
Published by Pontus - dans Absinthe
commenter cet article
25 juillet 2009 6 25 /07 /juillet /2009 17:33
Dans le cadre des 9èmes ABSINTHIADES, vous pouvez participer en qualité de membre du jury populaire de dégustation d'absinthe qui se déroulera le samedi 3 octobre de 15 à 17 heures au Théâtre Bernard Blier, salle Jean Renoir en vous inscrivant par téléphone au 03 81 38 82 12 ou par mail à l'adresse suivante :

fherard@admdp.com

Repost 0
Published by Pontus - dans Absinthe
commenter cet article

Présentation

  • : Le blog de Pontus
  • Le blog de Pontus
  • : Pontarlier (Doubs) un historique de la ville du début du XIX jusque vers le milieu du XX siècle ses monuments municipaux, religieux, industriels, militaires, ...
  • Contact

Texte Libre

Des images et des commentaires proviennent du NET au fil de mes recherches.
Ils sont en principe libres de droits.
Si toutefois ce n'était pas le cas je les supprimerais immédiatement.


merci de m'en informer

mes recherches

je souhaite retracer dans ce blog :
     - l'historique des bâtiments municipaux, religieux, industrels, "bourgeois" de la ville de Pontarlier en y associant à chaque fois les conséquencs sur la population locale.
     - l'historique de la vie militaire et les conséquencs sur la population locale.
     - l'historique des distilleries d'absinthe installées sur Pontarlier et sa région immédiate et les conséquencs sur la population locale.
     - les inventaires dans les villages environnants.